Le matérialisme (3)
Licence Arts du Spectacle - Théâtre
Atelier animé par Christian Rullier 05/12/06
Il existe une différence entre l'auteur et le scripteur. L'écriture se produit sous la main de l'auteur, mais la conscience des contraintes appartient au scripteur. L'utilisation du matérialisme permet non seulement de raconter une histoire (ce que fait l'auteur), mais aussi de travail sur le matériel du vocabulaire, de la sémiologie, de l'éthymologie, et ainsi de produire un texte aux multiples sens d'écriture et donc de lecture. L'auteur peut inconsciemment écrire dans un autre sens, que le lecteur suivra, ou non. Et ce n'est pas l'important. Un nouvelle, une histoire sera lue d'autant de manières différentes qu'elle aura de lecteurs. Et de la même manière, elle sera écrite d'autant de manière différentes qu'elle aura d'auteurs.
Lorsqu'on travaille sur un mot composé (tire-bouchon) ou un nom composé (Jean-Gustave), le thème du double se retrouve souvent dans le texte, de manière inconsciente.
Dans le sous-texte, il faut faire travailler trois éléments minimum : lexical, phonique et structurel. On peut également faire travailler deux éléments du texte : phonétique du mot et sens premier du mot par exemple. Je m'explique : un tonneau sur le plan lexical appartient à la famille de la tonne, du tonnage. En élargissant, un tonneau est un contenant qui stocke des denrées alimentaires liquides ou solides. Il y a donc une thématique du voyage, du commerce, du vin.
Un tonneau, sur le plan phonique, peut être découpé de la façon suivante : tonne - eau ; tonne - haut (tonne de tonnerre, tonner)... les possibilités ne sont pas extraordinaires...
Sur le plan structurel, un tonneau c'est un contenant, un cylindre d'aspect bombé, en bois cerclé d'acier, avec un fond et un couvercle, un bouchon, aussi, et peut-être un robinet.
Avec toutes ces caractéristiques, le tonneau peut faire travailler un personnage dont les particularités se rapprocheraient des siennes. Un personnage imposant, avec des bretelles, ou une ceinture, bedonnant, dont la silhouette se rapprocherait de celle du tonneau. Il pourrait être un grand mangeur. Le tonneau induit également une idée d'ivresse, le personnage pourrait s'alcooliser. Les thématiques du voyage et du commerce pourraient se retrouver dans la manière de vivre du personnage, travail, hobbies. L'idée de tonne - haut (tonne, de tonnerre, tonner), pourrait induire le fait que le personnage a "du coffre", un ténor.
Ou comment je fais d'un instrument un Pavarotti en puissance (désolé, Luciano si tu me lis, mais j'en doute, mais va falloir songer à résister à la pasta).
Exercice 3. Faire travailler deux éléments des corpus sémantiques pour le mot lanterne.
Et que ça saute...