Le matérialisme (5)
Exercice 5. Déambulation de quelqu'un qui a la prison dans la tête.
Structures : sens (relents, absence de lumière, cris, goût amer, couleurs fanées, sombre)
fil des corps couchés : habitude, usure
automobile rutilante, quelques ombres colorées, enseigne.
femmes fatiguées et enfants souriants
absence de liberté, empêchements.
Une grande ville aux avenues tentaculaires et aux hautes tours ambitieuses, comme autant de remparts au soleil, laissant sur le sol de gigantesques bandes d'ombres. Des rangées de voitures garées, des files d'automobiles rutilantes dont la couleur métallisée renvoie le peu de soleil qui vient s'y cogner s'arrêtent à des feux rouges puis repartent au feu vert, attendant la permission de l'impulsion électrique allumant une ampoule rouge ouverte pour freiner ou démarrer. Dans cette ville-fourmilière, des milliers de passants pressés avancent tous, suivant des rues différentes, vers cet endroit où ils s'assieront, enfin calmes. Dans cette foule en mouvement perpétuel, quelques ombres colorées, marchent moins vite, sans but précis. Des femmes fatiguées poussent des voitures d'enfant aux bébés souriants. Partout des murs gris, du goudron, de l'ombre et les gens qui courent et s'arrêtent, s'interpellant, riant et râlant. A certains carrefours, aux distributeurs de billets, un oeil électronique observe ceux qui grillent le feu rouge, ceux qui volent l'argent à peine retiré. Des vitrines éclairées plus que les logements sociaux, aux enseignes bleu électrique, vert et rouge, appellent le regard et le portefeuille.
Utiliser "Une fenêtre qui laisse à peine entrer la lumière froide de décembre et que l'on ne peut qu'entrouvrir pour laisser sortir les relents de la cellule et les cris des enfermés."
Tourniquets des métros, hôtels, boutiques de luxe. Entrée des boîtes.
L'illusion produit l'effet de continuité.