Le matérialisme (4)

Publié le par Nora

 crayon.jpgExercice 4. Décrire une cellule de prison.

             Un rectangle de neuf mètres carré, tout de gris peint, ou des murs blancs salis par les années et l'absence de lumière. Un lit de fer au matelas fin comme un portefeuille peu garni. Des couvertures kakie et marron, ou gris clair et bleu passé. Des draps qui ont été blancs autrefois et que le fil des corps couchés ont fané. Dans un coin de ce clapier, des toilettes turcs souillées ou bouchées. Le long d'un des murs, une table en formica et une chaise en bois. Sur la table, une pile de revue d'automobiles, une bande dessinée et un livre jauni. Sur la chaise, un pull plié. Juste à droite du lit, sur le petit mur couvert de photographies de femme grave et d'enfants souriants, une petite fenêtre aux barreaux de fer. Une fenêtre qui laisse à peine entrer la lumière froide de décembre et que l'on ne peut qu'entrouvrir pour laisser sortir les relents de la cellule, les cris des enfermés. Face à la fenêtre, sur l'autre petit mur, une haute et large porte en acier, peinte d'un gris métallisé. La poignée permettant d'ouvrir cette lourde porte se trouve hors de la cellule, pour contenir, faire taire, enfermer, empêcher. Au centre de la moitié supérieure de cette porte, à hauteur du regard d'un homme debout, il y a un judas. Pour surveiller. 

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Publié dans Ecriture - atelier

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