La première leçon de conduite a été plutôt sympathique, il ne m'a fallu que quelques secondes pour savoir comment re-piloter la bête, ma jolie Clio
(enfin, celle de l'auto-école...).
J'avais plaisir à retrouver le moniteur, celui avec qui je discute bien, et j'ai pu lui raconter "quoi de neuf de par chez moi" et lui de même... Bref, no stress absolu pour cette première leçon
(en plus, j'étais légèrement explosée de fatigue).
La deuxième leçon, je ne sais pas pourquoi, s'est révélée plus difficile. Je ne me sentais pas stressée, pourtant, je n'étais pas attentive. Et ensuite, ça a été la dégringolade, conneries sur
conneries mais vraiment des trucs complètement crétins, comme griller des priorités ou presque shooter un gamin... Je vous raconte pas le coup de chaud.
En gros, la veille du jour J, j'étais persuadée que j'allais me gaufrer, que je ne contrôlerai pas ce foutu stress. Mais j'avais prévu le coup en allant à la pharmacie demander deux trois drogues
homéopathiques, afin de "casser le stress", mais l'homéo, ça adoucit plutôt... Et j'en ai pris des tonnes, bonjour les surdoses pour les trois médicaments miracles. Je sais, c'est pas bien, mais
cette effervescence apothicaire était liée à l'énormitude de mon stress.
Le jour J, je n'étais plus désespérée, juste résignée à faire de mon mieux, et revenir deux mois plus tard repasser mon permis. On fait le tour de la ouature, on regarde comment on ouvre les
fenêtres (sans blague...), par où on change les ampoules des phares... Et je me révèle assez calme (m'étonne, avec tout ce que j'ai pris...). L'inspecteur arrive, qui, d'après le moniteur "est
honnête dans son jugement, et sait calmer les élèves, sans pour autant être super sympa..." OK, on verra.
On convient d'un ordre de passage, avec mes colocataires de voiture, on se dit vous deux en premier et en troisième et moi au milieu... Le premier part pour son examen, alors que je reste
discuter avec le troisième. Il est lycéen, il est interne, son lycée est à perpèt'... Il a besoin du permis. Il me parle beuverie, fume clope sur clope et se dit asthmatique, et soigné par les
clopes (hum hum)... Ma mamie passe par là (le parking des permis, pour info, est visible depuis les fenêtres de ma mamie, et sur le chemin de chez ma maman, chemin que ma mamie connaît bien...),
je vais lui dire bonjour, discuter avec elle, et la voisine qu'elle a croisée.
Je rejoins le troisième larron quand le premier revient de sa tournée, dépité. Le moniteur dit "t'as grillé une priorité, t'as grillé ton permis"... Le premier larron, stressé à mort d'un coup,
s'allume une clope, et moi je commence à trembler, et pas que de froid.
Il est temps pour moi d'aller le passer. Je suis hyper concentrée, un peu comme un condamné à mort lors de ses dernières minutes de vie. L'inspecteur est souriant, mais distant. Il me fait son
petit speech, en gros, on va conduire en toute sécurité (sans blague, c'est pas un permis stock-car ?)... Je m'installe tout bien comme il faut, j'inspire, j'expire (les inspirations et
expirations vont se produire et se reproduire tout au long de ces longues minutes).
On fait un parcours que je connais super bien en partie, car en gros, c'est juste derrière chez ma mère, et je vivais là, en famille, depuis plus de dix ans. Le reste du parcours, on l'avait fait
l'avant-veille, avec le moniteur, mais dans le sens inverse.
Des cligno, j'en mets tout plein, des regards, j'en fais des tonnes, dès le début. Je sens ma jambe gauche trembler, mais je ne me focalise pas dessus. Je cherche l'air, et je suis toujours dans
cette hyper concentration. Ma première manoeuvre, je la foire, une marche arrière en ligne droite que je courbe un peu trop, mais sans danger (voie large, aucun véhicule). Ma seconde manoeuvre,
c'est un rangement en bataille, et je m'y prends à trois fois.
Ah ! Sinon, je veux juste vous poser les deux questions que l'on m'a posé :
- Ouvrir et fermer la vitre côté conducteur
- Par où change-t-on un ampoule ? Quelle est la précaution à prendre avec une ampoule halogène ?
Bon, et bien en tout cas, c'est avec retard, et un grand soulagement que je vous dis que oui, je l'ai eu, mon permis.... Et la voiture va suivre, d'ici un mois ou deux, le temps de faire quelques
réparations.
Hé :
J'AI MON PERMIS !!!
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