C'est un voisin de quartier. Cet été, il habitait dans une tente, au bord de la Loire. Avec Charmant, on se promenait le long du fleuve, testant à quel
point le chemin était accessible. Il nous a prévenu de ne pas aller plus loin, que c'était vachement pentu, et qu'on allait se casser la gueule. Avec sa gouaille et sa voix rocailleuse.
Nous venions d'avoir les clés de notre nid d'amour, Charmant et moi... Mi-figue, mi-raisin, celui-ci m'a même demandé alors de me chercher aussi des amis qui ont un chez-eux.
Je le croise presque tous les jours, ce voisin de quartier qui anime les proximités de l'arrêt de tram. Il promène avec lui tous ses trésors : son petit poste qui cause toujours quand je passe à
côté (monsieur écoute des radios qui causent et qui ne chantent pas...), ses tas de couvertures, son saucisson et ses boîtes de Canigou pour son chien, qui le couve constamment d'un doux
regard.
Ce toutou est l'une des coqueluches du quartier. Grand berger aux oreilles cassées, il est jeune et a toujours pas très loin de ses longues papattes une balle ou une pomme de pin. Même quand son
maître est dans les vapeurs de l'alcool, gueulant tout son saoul, il continue de le regarder comme s'il était le roi du monde. Charmant dit qu'il n'y a pas meilleurs chiens que ceux des
sans-abris. Il n'a peut-être pas tort.
Ce grand homme blond aux yeux bleus, parfois rasé de près, a toujours un mot sympa pour les passants : prends soin de toi, faites attention à vous... Il est un des notables du coin. Il connaît et
est connu par tous les commerçants. L'épicière lui pince la joue, le boucher lui file de la viande et le laisse embrasser son jeune fils. Les papis et mamis du quartier, certains très élégants,
viennent prendre des nouvelles de lui, jouer avec son chien, qui, là, porte une attention toute particulière à sa pomme de pin, attendant qu'une main aimable l'expédie à l'autre bout de la
rue.
Pique-assiette ? Rebus de la société ? Non. Cet homme est important, dans mon quartier. Et parfois, quand je ne les vois pas, lui et son chien, je m'inquiète. Mais c'est pour le revoir deux ou
trois jours plus tard, cheveux tondus, rasé de près et avec des vêtements propres. Et oui, lui aussi de temps en temps il se fait beau.
Par Sifoell
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J'assume totalement ma gourmandise, même si je vis avec un tout maigre charmant qui aimerait me voir perdre quelque embonpoint...
Et cela vire au pur chantage quand il s'agit de bonbons ou de chocolat.
Là, par exemple, je suis prête à mettre en péril ma vertu pour terminer ce foutu paquet de Dragibus qui me drague du coin de l'oeil depuis qu'on l'a acheté samedi.
En même temps, je mettrais en péril ma vertu avec mon mec... Alors...
Bon, si je peux joindre l'utile à l'agréable et faire quelque sport contre des bonbons, moi je dis banco.
C'est donnant donnant dans la vie...
J'en connais un qui ne va pas s'en plaindre.
Par Sifoell
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Charmant et moi faisons des courses une fois par semaine (non ce n'est pas une révélation, c'est un constat), et souvent, les nouvelles courses viennent cacher les anciennes qui se
retrouvent alors au fond du placard...
Quelle ne fut pas ma surprise ce matin, quand de bonne humeur et l'esprit encore embrumé, je soulevai mon paquet de 1kg de Nesquick pour trouver la rescapée, l'ultime, la précieuse, dernière
tablette de chocolat.
Je me suis alors empressée de me faire une tartine de pain de mie, beurre, chocolat...
M'enfin.
Faudrait pas laisser perdre.
Par Sifoell
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