Je ne sais rien. Rien qui ait pu, la toute première
fois, pécher par imagination dans une dictée. Rien qui ait pu me faire rêver qu’écrire serait pour moi mon moteur. Je n’ai jamais eu précisément de souvenirs. J’ai la mémoire courte, ou
étrangement boutiquée. Mes souvenirs se mêlent aux histoires que j’ai lues, vues au ciné ou à la télé. J’ai même l’impression de n’avoir qu’un ersatz de vie. Rien de ce qui n’arrive dans mon
entourage ne semble m’atteindre directement. Aucun évènement qui ne me soit destiné. Je semble vouée au rôle de témoin, de raconteuse d’histoires. C’est pour cela que je prends la plume ou le
livre. C’est pour cela que je passe plus de temps le nez sur quelques écritures qui ne sont même pas de moi mais qui finissent par m’appartenir. Je suis plus qu’une spectatrice. Je suis une
sangsue. Je vampirise le bonheur ou les soucis des autres pour les ranger quelque part dans les tiroirs de ma mémoire. Au classeur noté « bric-à-brac », des phrases, des définitions,
des lieux, personnages, objets et situations à exploiter, un jour, quand je trouverai ce qui les lie. J’ai peur de n’être que ça. Une sangsue. Une profiteuse d’histoires comme il y a des
profiteurs de guerre. Je crains de ne pas être quelqu’un de très fréquentable.
Et puis aussi, cette fausse modestie, ce dégoût de soi qui ne doit pas
être capable d’aligner trois mots formant un sens, une phrase, une accroche. Ce n’est pas moi qui écris, c’est ma main droite, ou mes doigts sur un clavier. Ce n’est pas moi qui invente, ce sont
ces histoires qui vont se ranger toutes seules dans un tiroir, et qui en sortent comme des diables pour me ramener sur le chemin de la réussite, la voie dorée vers la Terre Promise, l’autoroute
pour l’Orgueil. Je n’ai aucune imagination, juste une formidable faculté d’observation. J’éponge le front des gens pour m’approprier leur sueur. Je balaie derrière eux pour m’attribuer leurs pas.
Je lis leurs travaux pour les assimiler. Les vampires existent, innombrables.
Je n’ai aucune compassion. J’absorbe des informations, récits,
l’Histoire, les faits divers, racontars, vantardises, divagations. Je les mâche avec délectation pour affoler mes papilles. Je les avale pour les conserver le temps de les digérer et en garder
cette partie, infime moelle, quintessence, substrat indispensable à ma survie. Regardez-moi me lécher les doigts pour ne rien en perdre. Touchez-les, ces mains gelées. J’ai toujours froid, même
sous des cieux cléments. Je ne suis pas vivante. Je suis une pierre, une statue mal dégrossie se réchauffant aux récits des autres. Immobile quand ils s’agitent. Noyau s’alimentant des
déplacements énergiques des vivants. Témoin, toujours témoin. Mieux – ou pire : suceuse de vie, suceuse de sang.
Méfiez-vous des gens comme moi qui tendent une oreille compatissante,
au récit de vos douleurs. Méfiez-vous de ceux-là qui frémissent à l’évocation de vos souvenirs de bonheur. Elles ont raison, les légendes. L’ail est néfaste pour les vampires. Mangez-en jusqu’à
ce que votre haleine empeste pour nous faire fuir. Méfiez-vous de nous qui n’avons qu’un semblant de vie et ne demandons rien d’autre que votre voix à enfermer dans une caméra, ou bien
emballée dans une armoire sentant la naphtaline, entre deux feuilles de papier jauni.
Faut-il que je la bâillonne, cette fille enfermée dans un placard de
ce bureau aux multiples armoires, aux tiroirs innombrables. Faut-il que je la fasse taire, elle qui me parle, moi qui n’écoute pas ou plus, moi qui entends ses rêves ou ses chants. Faut-il que je
la refuse, que je la réfute, que je nie son existence. Je ne sais pas quand cette petite fille s’est dédoublée. Peut-être le jour de ses onze ans, quand cette petite fille au monde doré a vu la
première fissure dans son existence, dans cette vie parfaite.
Elle s’appelle Lolita. Non une gamine précoce et aguicheuse. Juste une
petite fille qui aurait pu être si j’avais baissé la garde. Une enfant sacrifiée, non désirée, aux rêves et envies bafouées, enfermés dans la gorge serrée par ce cri sourd de ne pas être entendu.
Lo-li-ta. Trois syllabes roulant sur la langue comme des galets s’entrechoquant contre mes dents. Lolita. L’écho de ce que j’aurai pu être si je ne l’avais pas perdue en route, mon âme. Lolita.
Mon reflet. Ma schizophrénie consciente et acceptée.
Je viens de te donner naissance, ma belle, et tu peux être comblée.
Tous mes échecs sont effacés par ton existence. Lolita. Jolie fleur à l’esprit acerbe et à la langue pendue. Un caractère et une détermination que je t’offre, ma sœur. Là où je me suis arrêtée,
tu as continué. J’espère que tu as apprécié le voyage, et que tu as préparé le mien. Raconte donc ton chemin, pour m’ôter peurs et doutes. Allez, parle et j’écoute. Mathieu, qui m’a tuée,
t’a-t-il donc aimée ? Et Jo le voyou, le vaurien, pèse-t-il de tout son poids sur ton cœur et ton corps ? Et cet enfant, ce fils que j’ai rêvé de concevoir aux quatre coins du monde,
est-il né ?
Profites-en, Lolita, ma petite sœur de force et de feu. Profites-en
bien et raconte-moi. Je suis sur la terre et je marche. C’est difficile de marcher quand on a mes pensées. Vas-y, ma jumelle, pousse-moi dans ces chemins que tu as tracés, toi la baroudeuse, toi
la sans-semelles. Soulages-moi de cette charge que je m’impose. Ote mes freins et mes œillères, sors ma tête de ce trou de sable et dépoussière-moi pour que je sois présentable.
Je dois affronter le monde, bientôt. Le monde et tous ses monstres et
ses héros. J’en connais déjà quelques uns des deux camps. Et je me situe dans le troisième : ceux qui regardent. Allez, petite sœur, rends-moi un peu de cette vie que je t’ai prêtée, ce jour
imprécis où j’ai cessé de me battre. Nous sommes des roseaux, toutes les deux. Nous avons courbé l’échine pour embrasser la terre. Rappelle-moi que le ciel existe encore.
Permets leur d’exister. Aide-moi pour que je leur prête vie. Allez,
petite sœur d’un monde meilleur. Ma jumelle, mon ombre et mon reflet. Rien qu’un peu de tes forces, de ton assurance. Pour qu’Illias sculpte, que De la douceur existe, que le ballet tourne, et
tourne encore sans s’épuiser. Petite sœur d’ailleurs. Encore un peu de présence.
Il faut que j’arrête de gaspiller ce temps qui nous est à tous compté.
Sans exception. Il faut que j’arrête de jouer avec quelque chose qui ne m’appartient pas, ni à personne, d’ailleurs. Le temps n’appartient qu’à lui-même et à ce qu'il n’affecte pas. J’ai beau
chercher, je ne vois pas à quoi. J’aimerai savoir, histoire de me donner la frousse et de me presser un peu. Combien de temps m’a été imparti, combien de temps pour écrire, jouer, fonder une
famille, bâtir un foyer, construire un village et un avenir pour des gens ayant besoin d’un coup de main. Combien de temps pour sauver le monde ?
Je suis une enfant. Je suis au début de ma vie. J’avance si peu que
j’ai l’impression de naître chaque jour. Je ne sais pas si c’est une chance.
Je doute. Je suis un être de doutes. A chaque tentative de pas, je
crains de m’effondrer. J’avance sur des terres meubles, sur des sables mouvants. Je crains que le chemin ne s’arrête pour moi. Je crains de ne plus être assez forte sur mes jambes. Je crains de
ne plus trouver d’air. Je crains tout. Et cela à chaque pas.
Je ne sais pas si cette peur constante est un héritage d’hier, quand
nos ancêtres étaient guidés par leur instinct, quand chaque jour, chaque chasse était une victoire. Juste avant qu’ils ne donnent vie à Dieu, aux dieux, pour se rassurer, pour redevenir des
enfants bercés contre le sein d’une mère qui les protège tendrement, juste là, où il n’y a aucun danger. Juste avant que ces hommes n’inventent toutes ces choses pour alléger leur vie
quotidienne, se simplifier la tâche.
Pourtant, je ne voudrai pas que cette peur disparaisse, ni son juste
remède : l’écriture. Le doute et la création. Quel plus bel équilibre ? Il ne faut pas que j’oublie que je suis une fille de l’air, une balance. Libra. Funambule sur le fil du rasoir,
oscillant entre deux vides. Un pendule hésitant. Ni oui ni non. Juste peut-être.
J’ai besoin de silence. De silence et de solitude. C’est pourquoi je
rechercher ces moments de solitude et ces lieux de silence. La nuit. La plage l’hiver. Le théâtre. L’église. Le parc quand il pleut. Le bar à quatre heures en semaine. La cafétéria de la grande
surface quand il fait beau. La maison vide. La nuit.
J’ai besoin de m’aménager ces moments et ces lieux. Par peur de
l’étouffement, de l’extinction. J’ai besoin de ces églises où il fait toujours froid, où cela sent le renfermé, où les pas des femmes à talons résonnent. J’ai besoin de trahir parfois pour ne pas
me trahir. Pour pouvoir me regarder en face, me supporter. Me dire que celle-ci est la bonne. Cette naissance. Cette vie. La dernière de mes incarnations. Briller et réchauffer le corps et le
cœur des autres avant d’aller voir si Dieu y est, et quelques étoiles.
Mais toi, Lolita, tu souris, je le sens. Tu le sais. Je ne te trahis
pas. J’essaie de te ressembler, de t’atteindre. Ma sœur d’idéal qui t’en reviens d’Amazonie. Ma sœur sauvage.
Faut-il que j’aie besoin de trahir, de faire souffrir parce que je ne
sais pas refuser, que m’importe tant le regard et l’opinion des autres, de ma famille ? Faut-il que j’aie besoin de tout briser autour de moi pour pouvoir écrire, et donc vivre ?
Que te reste-t-il, Lolita ? De plus que moi ?
Je ne manque pas d’idées. Ni d’enthousiasme. Juste de ce fichu premier
pas. Ce fichu premier pas qui me fait écrire dans la Cathédrale alors que je devrais être en train de faire des crêpes à l’école de ma sœur, que je devais lui apporter un tee-shirt faisant
indienne pour le mardi-gras. Et que l’envie m’était passée, le premier pas impossible à franchir. Sauf pour la suite. Toujours. Les jambes à mon cou. Toujours. Je n’ai d’enthousiasme que dans la
fuite. Et je ne me réchauffe qu’à la vie des autres.
« Elle met du vieux pain sur son balcon… » On connaît la
chanson.
Vers quoi veut-on me mener ? Je ne sais plus déchiffrer les
signes. Je crois que j’ai perdu la foi. Qu’il y a eu un franchissement dont je ne me suis pas rendue compte. Un moment précis où une action précise a été accomplie, me menant à grande vitesse sur
une fausse route. Une mauvaise voie. Il faudrait que je revive cet instant pour le décrypter et neutraliser ce que je vis aujourd’hui. Ce que je ne vis pas, plutôt. J’ai toujours eu des rêves
étranges, que j’interprétais instinctivement. Parlons de celui de cette nuit. Parce que c’est déjà une bonne nouvelle que de rêver à nouveau, que d’avoir encore ce tas d’idées fouillies à
utiliser dans je ne sais quelle histoire. Rangées dans leur tiroir, elles se manifesteront d’elles-mêmes. Mais revenons au rêve. Des bassins en terrasse, comme dans les rizières, mais
transparents et cubiques, garnis de fleurs d’eau. Il fallait les remplir parce que ces bassins allaient accueillir des crocodiles ou autres sauriens de cet acabit.
Et ce grand cheval blond, musculeux – peut-être une jument – allongé,
blessé peut-être, sur des sortes d’éponges de mer, mais carrés, de grands carrés jaunes d’où il est difficile de se relever. Le sol meuble, toujours. L’immobilisme me tuera. Le confort aussi.
L’indécision sûrement, ou le manque de fermeté dans mes décisions.
Je me souviens d’avoir été émue, en priant devant ma grande votive
bleue, brillant faiblement. Pitié, oui, pitié qu’écrire soit la bonne voie. Pitié qu’écrire soit une prière, ma façon de me bercer dans le monde, de me rassurer.
Lolita dit : « Tu as trop de complaisance pour toi-même,
sifoell. Si tu continues de penser que tu es aussi faible que cela, tu vas le devenir, longtemps, juste pour te prouver que tu avais raison ».
Lolita ne dit pas que je suis une paresseuse, une bonne à rien, qu’il
est temps que je regarde la réalité en face, que la vie est difficile, les rêves impossibles. Lolita n’efface pas les difficultés, ni ne les exagèrent. Elle les dépasse.
Je me sens vide, ou remplie de rien, de néant.
Je lutte, chaque jour, contre l’immobilité. Mon immobilité. Le temps file à
une vitesse, les jours, les semaines, les mois. Les échéances. Passées, les dates butoir, dépassés, mes objectifs.
Quand je m’arrête, il faut que cela soit pour quelque chose, et que
j’accomplisse ce quelque chose. Il faut que ces arrêts n’en soient pas.
Je ne m’accorde rien. Aucune pause, aucune indulgence, aucune pitié, aucune
complaisance. Il ne faut pas que je me laisse faire. Sinon, à avoir peur de tout, je vais finir par ne plus rien faire, ni écrire.
C’est beau, c’est sûr, de dire que l’on écrit alors que l’on passe des
heures devant la télé à brûler ses nuits, ou lire et recopier des passages de bouquins.
C’est beau de dire qu’on écrit alors que tout ce qu’on fait, c’est se
nourrir. Et il faut dire que j’ai toujours eu un grand appétit, et que j’ai perdu le goût de la satiété. Finie, l’autosuffisance repue du nourrisson après la tétée, finies, les impressions
d’avoir véritablement travaillé, accompli quelque chose de sa journée.
J’ai un fort appétit et un fort caractère. Je suis une vampire doublée
d’une ogresse, féroce ourse mal léchée, réveillée en pleine hibernation et de fort méchante humeur. Et toi, Lolita, ma petite sœur d’idéal, te reste-t-il quelque douceur ? Parce que je n’ai
de doux que la peau de mes seins qui eux non plus ne servent à rien, ne nourrissant aucun petit.
Et je m’apitoie, féroce orgueil, caboche dure comme le granit de toute
la Bretagne. Plus dure, encore. L’orgueil de se croire meilleure que les autres, meilleure dans l’écriture, moi l’écrivaine qui ne produis que peu, terre méchamment stérile, ne nourrissant pas
son monde.
Et oui, je peux rêver de voyages, aussi, moi qui ne fais que lire et
regarder, écouter, m’imprégner. Eponge ne restituant aucune eau. Tu peux te morfondre, Lolita, sur les vœux de ta sœur de dépit, de dégoût, de jalousie. Ouvrez les persiennes, qu’on la voit comme
en plein jour… On la connaît aussi, cette triste chanson teintée de colère.
La colère, Ma sainte vaine colère, toujours là, hurlante, tempêtante.
Je suis tout ce que j’écris, tout ce que j’imagine. Je suis à la recherche de terres à bâtir. Je veux conquérir une île et un homme. Je veux parler douze langues plus quelques idiomes. Je veux
faire le tour du globe et faire naître mes enfants dans tous les coins du monde. Je suis un champ de mine n’attendant que de la douceur, une Montparnos, une sauvageonne. Le rat indépendant ou
aspirant à l’être. C’est beau, l’aspiration, c’est le début, l’étincelle.
Et je m’éparpille, et je papillonne, butinant deci delà quelques idées
qui le moment venu formeront des embryons d’histoires, ou des débuts. Je suis la mère de beaucoup d’enfants inachevés qui pleurent de ne voir le jour. Je suis grosse d’une douzaine de fœtus
avortés restant pourrir dans un coin de mon utérus, n’ayant pas réussi à s’y soustraire.
Je ne peux rien abandonner. C’est bien là le problème.
Je l’entends toujours, cette musique. Je ne connais pas mon solfège,
mais j’ai retenu toutes les mélodies. Elles chantent en moi, me bercent et me libèrent. Si la musique a été inventée, n’était-ce pas pour meubler le silence et la solitude, célébrer les
rencontres et les joies quotidiennes ? Et les mots, tout comme les notes…
Je les perds, parfois, et il n’y a rien de plus agaçant ? Il y a
une seconde, il était là, au chaud dans mon esprit. Et je n’ai écrit qu’un pâle et fade substitut en l’oubliant. Et à chaque fois que je relirai ce mot, je me souviendrai de ma colère, des vaines
recherches.
Je ne m’imagine pas aphasique. Si je perds mon langage, je redeviens
une bête. Je grognerai après mes souvenirs, gronderai quand on ne comprend pas.
Empêchez-moi de marcher, mais ne m’ôtez pas ma voix.
Je n’ai pas ri depuis longtemps, Lolita, petite sœur d’ignorance. Tu
ne vis pas mes malheurs, ces sains et puissants tourneboulements me rendent chèvre. Je ne sais pas. J’oublie tout. Je perds le goût et la couleur. Je crois même que je vais me prendre une cuite,
l’ivresse apportant l’oubli et le vrai malaise, de celui que l’on regrette.
Je veux retrouver le sentiment d’appartenance. Le sentiment rassurant
de faire partie d’une famille et d’y être naturellement protégée. Je ne veux pas que la maison où je vis soit le théâtre d’une guerre froide à couteaux tirés. Tout cela parce que quand je parle,
on ne m’écoute pas, et qu’il n’est plus utile d’aller dans de grandes démonstrations de douleurs. Je préfère le silence, et la dignité. Et rêver doucement d’une famille à composer.
Dialogue : ramage de deux personnes cherchant à imposer leur
vérité, et ce en utilisant un volume sonore important. Synonyme de duel. Ou : ramage à plusieurs personnes consistant en la constitution d’un groupe numériquement plus fort, cherchant à
faire valoir leur vérité en écrasant l’autre groupe, numériquement plus faible, à coups de méga-hertz. Synonyme de mise à mort.
Se réfugier derrière un livre, beau prétexte de ne pas les écrire.
« Je fais des recherches. » Trop facile. Je me compose un menu d’aventure, avec en entrée une mer à traverser, en plat de résistance une forêt inextricable et en dessert, point de
retour. Le tout saupoudré d’un soupçon de détermination et d’esprit voyageur. Avec boissons offertes : une tisane d’herbe de Marie, qui lorsqu’on la foule, fait perdre le chemin.
Je me crois constamment en danger, et si je ne crois pas l’être
suffisamment, je me mets moi-même en danger. Je manque peut-être d’aventures. Je cherche peut-être un adversaire à ma mesure : impitoyable.
Un peuple disparaît et on s’étonne. Un jeune homme ne donne plus de
nouvelles et on s’inquiète. Une jeune fille vacille et craint de basculer du mauvais côté, et personne ne s’en rend compte ni ne s’interroge. Question de caractère ?
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